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Réchauffement climatique : méthode d’alerte par et pour le peuple

La terme « réchauffement climatique » émerge dans les années 1940. Plusieurs décennies plus tard, l’heure est grave ! 700 scientifiques français ont collaboré pour la rédaction d’une tribune édifiante sur notre avenir. 130 manifestations ont été organisées le 08 septembre à travers la France. Objectif ? Ériger le réchauffement climatique au rang de priorité gouvernementale. Sans oublier la démission de Nicolas Hulot, aveu d’impuissance d’un ministre de la transition écologique désabusé.

Le constat est sans appel. Il semble régner un dialogue à deux vitesses entre le gouvernement et un peuple français partagé entre l’indifférence et la méconnaissance. Et si nous changions d’angle ?

Faire du réchauffement climatique une préoccupation pour la société. 

Comment pouvons-nous être à la fois conscients et si peu impliqués face à un enjeu aussi grave ? Scander que la société n’est pas prête au changement : quelle vision réductrice de la problématique ! Clamer qu’il réside dans le peuple les principaux éléments de réponse relève d’une édifiante mauvaise foi. Noyé sous ses impératifs de productivité et de survie financière, le peuple n’a même plus le temps de réfléchir aux questions qu’il doit se poser. Pourquoi la société ne réagit-elle pas ?

Je vous livre trois pistes de réflexion :

  • une estimation ne fédère pas ;
  • la culpabilisation engendre le recul et non l’action ; 
  • la mobilisation découle de l’implication, donc de la connaissance ET l’émotion

À la louche…

réchauffement climatique - vague idée - isalys rédige

Nous consultons une très grande quantité d’informations chaque jour. Nous manquons de temps pour les analyser et ressentons un sentiment de défiance globale. En cause : la multiplication des « fake news » et informations sorties de leur contexte. 

Nous réagissons au contenu en fonction de plusieurs critères :

  • charisme de l’auteur/orateur ;
  • précision mathématique/visuelle des informations communiquées ;
  • répercussion directe sur notre existence quotidienne. Notamment.

En matière de réchauffement climatique, c’est indéniable, la communication ne réunit aucun des critères. Et l’affichage d’une vision vague sur notre avenir conditionne directement notre inaction. 

Les articles consacrés au réchauffement climatique usent d’importantes précautions de langage. Comment se sentir concerné en lisant ces études approximatives 

  • ces écrits de scientifiques montrant que des villes sont susceptibles de connaitre des vagues de chaleur plus importantes ;
  • ces titres de presse incohérentes : « 99.9%, tel est le consensus scientifique autour du changement climatique lié à l’activité humaine ».

Trop de prudence génère l’indifférence !

Il nous est difficile de trouver un sens à ces théories, puisque le langage trop précautionneux en deviendrait même incohérent. Certes me direz-vous, mais telle est la fondation de la crédibilité du scientifique. Il n’affirme qu’avec certitude.

Et c’est bien regrettable. Les connaissances et le travail des scientifiques méritent à eux seuls que nous prenions au sérieux leurs alertes. Pourquoi leur imposer ce devoir de précision ? Pourquoi autant d’exigence envers eux alors que nous appliquons chaque jour des décisions sociales dont nous ne savons rien ? Telle est la malédiction du scientifique, en l’absence de certitude, il n’émeut ni ne convainc personne. 

Le poids de la communication joue en défaveur de la science ! 

La loi du plus fort est toujours d’actualité et sa puissance réside dans la voix. La vérité appartient à celui qui parle le plus fort et le plus souvent. Les signaux de détresse se taisent aussitôt face à la diffusion constante de publicités rodées. Celles-là même qui nous martèlent : « c’est ce qu’il vous faut absolument » alors que notre mode de consommation impacte directement la survie de notre environnement. Deux poids, deux mesures.

Au final, les scientifiques veulent nous alerter sur l’épouvantable constat qu’il existe un danger incalculable, que nous ne pouvons pas anticiper, dont nous détenons la responsabilité et donc a fortiori la solution. Mais les citoyens eux comprennent : « c’est susceptible de se produire ça peut très bien ne pas arriver. Tout va bien donc, pas besoin de changer quoi que ce soit. Et puis si des scientifiques experts ne savent rien, qu’est-ce que je pourrais y faire moi ? « . Et personne n’a le droit de blâmer la société pour ce comportement. Une société, elle n’improvise pas. Elle n’avance pas sans direction. On la mobilise.

Qui « on » ? Tous ensemble ? Vous croyez ? Mais derrière qui ? 

Nous voilà face à une autre faiblesse de taille dans le dossier. La société peine à se rassembler autour d’une idée. Elle rallie les convictions d’un homme. Les codes de la science échappent au marketing. Il est rare de lire un portrait populaire de scientifique. Nous avons pourtant besoin d’un visage. Plus exactement d’y lire cette part humaine d’inquiétude. Si la situation ne mérite pas l’émotion d’un beau discours, alors, elle n’est pas si grave.

La communication sur le sujet est clairement insuffisante voire contre-productive. L’ampleur du phénomène mérite un effort d’avertissement bien supérieur. Les Français ont à cœur de booster leur productivité pour sortir le pays de la crise, c’est-à-dire de contribuer inconsciemment à la destruction de leur environnement. Pour quelle raison ? Parce qu’on leur répète inlassablement que c’est LA priorité, en éludant les conséquences sur notre environnement. La société peut-elle être prête pour une action collective à laquelle on ne la prépare pas ? 

Accablés d’être coupables :

Réchauffement climatique - culpabilité - isalys rédige

Les experts en psychologie, les coachs en développement personnel, les thérapeutes, tous s’accordent sur le sujet : la culpabilité provient du sentiment d’avoir transgressé notre propre norme, notre propre échelle de valeurs. Par ailleurs, elle nous relie à notre passé. Pour avancer, nous avons besoin d’identifier l’origine de notre culpabilité, de la replacer dans son contexte, d’étudier des mesures correctrices etc. 

Culpabiliser le peuple, quel intérêt ? 

Pour passer à l’action, le peuple a certes besoin d’une combinaison savante d’informations et d’émotions. 

Or, nous n’avons pas connaissance ni conscience de la réelle gravité du réchauffement climatique. Nous ne nous sommes donc pas appropriés cette problématique. Nous ne sommes pas personnellement impliqués. Il est ainsi difficile de ressentir de la culpabilité et par effet de cascade de rechercher et identifier des mesures pour corriger notre comportement.

Coupables, le sommes-nous ? 

En réalité, il est injuste de parler de « transgression » puisque nous ne sommes pas décideurs dans cette situation que nous subissons. Nous sommes en réalité pris dans un engrenage d’automatismes, piégés par le célèbre « on a toujours fait comme ça ». En effet, depuis la révolution industrielle et plus précisément depuis les années 1880-1890, les générations qui nous ont précédés ont fait des choix qui ont stimulé l’émergence de la société de consommation. Les décisions prises depuis cette époque s’expliquent par les progrès réalisés dans tous les domaines de l’innovation, l’usage des connaissances scientifiques dans le milieu technique des entreprises, l’impact du contexte historique, l’évolution des mentalités et la rapidité grandissante de diffusion de l’information qui permet dès lors de « donner le ton ».

Posons la vraie question : peut-on revenir en arrière ? 

Nous nous sentons bien logiquement innocents.  Nous n’avons pas vraiment connaissances de l’origine de la société de consommation. Nos ancêtres nous l’ont présentée comme un progrès réel. Notre nouveau mode de vie plus distant des anciennes générations a eu une conséquence sous-estimée. Nous n’avons, en effet, que peu entendu leurs mises en garde. Les aurions-nous seulement écoutées ? Pire encore, la société de consommation demeure le cadre de notre système. Il est naturellement difficile de naviguer à contre-courant dans cette société de l’achat. 

Par où commencer quand nous ne connaissons ni tenants ni aboutissants ? 

réchauffement climatique - direction - isalys rédige

Certainement pas en pointant du doigt notre mode de consommation. L’effet de culpabilisation est d’autant plus inefficace qu’il masque un pan important du dossier : le rôle des décideurs. 

Au commencement …

Le peuple, déjà à l’origine, ne porte aucune responsabilité directe dans la création de la société de consommation. Les chercheurs scientifiques ont communiqué sur leurs découvertes et progrès, les décideurs et leurs conseillers y ont décelé ce qu’ils considéraient comme des intérêts , stratégiques, commerciaux , financiers et sociaux. Le peuple quand à lui panse les blessures de la guerre de 1870. Il est naturellement séduit par la perspective d’une vie meilleure. La publicité existe en France depuis les années 1830, mais elle aussi connaît une profonde mutation liée à la technologie, notamment grâce à l’invention, par les frères Lumière, de la caméra-projecteur. Telle est l’origine du spot publicitaire. 

La technique au service d’une propagande bien réelle !

Cette innovation, qui pourrait paraître un détail de l’Histoire, revêt une importance capitale. Les décideurs, qui ont identifié la rentabilité du changement, ont besoin de cet outil de séduction de masse pour accompagner les consommateurs dans leurs premiers pas. Une forme de pédagogie perverse, puisque le peuple, d’abord guidé par une curiosité légitime, prend l’habitude de se laisser influencer, de se laisser dicter sa conduite d’acheteur. Bien évidemment, la révolution industrielle marque un tel changement que les décideurs de la fin du XIXe siècle ne peuvent pas réellement avoir conscience des risques encourus. 

En ligne de mire, un mot d’ordre : C-R-O-I-S-S-A-N-C-E !

Mais ce n’est plus le cas actuellement. En effet, les décideurs, ceux qui détiennent le pouvoir (politique comme économique) disposent de suffisamment d’informations pour agir. S’il réside dans la passivité du peuple des motifs recevables, il n’en est rien pour les décideurs ! Ces derniers malheureusement n’osent pas nous guider vers le cap le plus pertinent : celui de la déconsommation.

En effet, pour les décideurs, il n’est pas intéressant financièrement que nous vendions et achetions en moins grande quantité. Ils s’estiment, en fait, perdants sur les deux fronts (taxes et imposition). Ils n’osent donc pas ouvrir la porte vers la déconsommation. Dire au peuple qu’en travaillant moins, il subira d’une part moins de pression et conservera d’autre part un équilibre entrées-sorties. Certes il vendra moins, mais il achètera moins également.

Pourquoi les décideurs adoptent-ils ce comportement ? Parce qu’ils ont des obligations de rentabilité envers des acteurs extérieurs, parce qu’ils combattent indirectement les adversaires de la paix par une plus grande richesse.

En résumé, c’est un peu comme si nous devions choisir notre assassin : alors préférez-vous être tués par des fanatiques ou par un ouragan ? 

Non, le peuple n’est pas coupable. Et il existe plusieurs niveaux de responsabilité dans la société de consommation. Comment faire alors pour mobiliser le peuple ? 

La réponse dans la deuxième partie de cette étude à lire en cliquant ici. 

©réchauffement climatique, méthode de mobilisation par Isalys Roux

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