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Réchauffement climatique : mobiliser le peuple

Nous avons dressé un bilan désastreux de la communication de masse sur le thème du réchauffement climatique. Une critique même argumentée n’est d’un intérêt que limité. Et si nous étions force de proposition ? Voici une méthode à utiliser, pourquoi pas ? 

Méthode pour impliquer personnellement un être humain : 

C’est à mon sens la plus grande faille de la stratégie de communication et de mobilisations contre le réchauffement climatique. Peut-il y avoir une meilleure preuve de la faculté à séduire pour acheter et l’incapacité à montrer pour convaincre ? Quelle méconnaissance de ce que ressent le peuple ! 

Étape 1 : cesser de nous montrer ce que nous ne voyons pas.

Prenons deux exemples significatifs : les hirondelles et les orangs-outans (les fameux « hommes de la forêt »). Attend-on de nous d’être sensibles à la disparition de ces deux espèces ? Nous ne prenons plus le temps d’observer la faune et la flore qui nous entoure puisque nous avons à peine assez de temps pour accomplir les tâches de notre vie quotidienne. Et nous avons encore moins le temps de nous inquiéter d’une espèce que nous ne côtoyons pas directement. Attend-on de nous de croire que nous ne verrons plus des animaux alors que nous satisfaisons de plus en plus de reportages, indéfiniment visibles ? Alors qu’ils pourront réapparaître sur nos écrans quand nous le souhaitons ?

Soyons honnêtes envers nous-mêmes. Nous ne sommes pas réellement émus par leur sort, parce que nous avons l’impression que leur disparition n’est qu’un indice minime d’un phénomène lent. Nous sommes totalement inconscients de l’effet « papillon » conséquent à l’extinction de toutes ces espèces. Nous n’avons pas la moindre idée de ce que ce phénomène de réduction de la biodiversité implique pour nous. Nous nous croyons invincible à la tête de la chaîne alimentaire, mais même la plus solide et haute des tours ne s’effondre-t-elle pas lorsque l’édifice s’effrite ? 

Les individus sont de plus en plus plongés dans une vie virtuelle idéalisée. Il est donc de plus en plus impératif pour retenir leur attention de porter un message choquant, visuel et qui les concerne directement. Lorsque des articles ou reportages montrent la destruction de l’habitat des animaux par l’être humain, l’individu ne sent pas concerné car il ne commet pas l’acte directement. Il en est un témoin impuissant

Étape 2 : lever le voile et lâcher la bride.

Nous subissons une pression importante au quotidien pour réussir notre vie : efficacité au travail, réussite sociale et mise à l’abri financière, parentalité épanouie et quête personnelle de bonheur. Mais lorsqu’il s’agit de notre survie, nous sommes coincés au statut de coupables, sans guide pour nous accompagner, sans explication pour nous motiver. Nous pourrions tout aussi bien dire qu’il existe une incohérence fondamentale dans nos priorités. 

Tout bouleversement nécessite un cadre à plusieurs piliers : 

  • un meneur qui incarne ;
  • une stratégie de conduite fondé sur le pire scénario (notamment dans le cas présent, puisqu’il s’agit de la survie de l’espèce humaine à un terme que nous ne connaissons pas) portée par un ligne directrice stimulante ;
  • une stratégie de communication basée sur la présentation des risques encourus et sacrifices consentis dans un langage compréhensible par tous ; 
  • la clarification des rôles de chaque acteur. 

Réchauffement climatique - union fait la force - isalys rédige

Mais tout bouleversement requiert surtout des décideurs une capacité essentielle : le courage d’autoriser la société à avoir peur.  L’inquiétude collective n’engendre pas systématiquement le chaos. N’en avons-nous pas eu la preuve lors des différentes attaques terroristes ? 

Étape 3 : projeter la société dans ce qu’elle pourrait subir.

Définir un repère, une échéance qui nous implique : 

Limitons-nous à l’augmentation des températures. Parmi les articles de référence disponibles sur le sujet, une étude a plus particulièrement retenu mon attention : https://www.wwf.fr/vous-informer/actualites/hausse-des-temperatures

Cette étude, brève et implacable a le mérite de cadrer le champ des possibles entre le meilleur et le pire scénario à l’horizon 2100. Nos enfants seront pour la plupart encore en vie et nos petits enfants seront parents voire grands- parents.

En tout état de cause, nos enfants et petits enfants entrant alors dans la période sensible de la vieillesse seront directement concernés. Et ils mourront peut-être par notre inaction. Il est vital d’en avoir conscience. Non pas que nous sommes indifférents au sort de leur descendance, mais nous ne l’aurons pas concrètement connue et aimée et cela fait toute la différence ! C’est pourquoi le choix de cette échelle chronologique me paraît tout à fait pertinente. 

Mobiliser par le sens pratique :

Ou comment utiliser les mentalités actuelles pour sensibiliser sur le futur ? Il existe, à mon sens, trois axes efficaces de communication : l’argent, la nourriture, l’hygiène, soit trois pans auxquels la société est particulièrement sensibles

réchauffement climatique - mobiliser conséquences concrètes - isalys rédige

Une lourde facture à venir :

Le réchauffement climatique va nous coûter cher individuellement et collectivement. Deux aspects demandent toute notre attention : la température et la pollution stagnante en l’absence d’air.

Nous avons tendance à réduire le réchauffement climatique à une canicule mais en réalité la modification du climat est plus profonde que cela. Simplifions la par un constat, les étés sont de plus en chauds et les hivers de plus en plus rudes. Dans les deux cas, le changement s’explique par l’évolution des conditions de circulation atmosphérique. Les taux de gaz à effet de serre et autres particules émises par l’Homme altèrent la structure et la masse de l’air qui circule. Généralement, le rayonnement solaire (donc la chaleur du soleil) est renvoyé vers l’espace, principalement par les surfaces claires comme l’eau et la glace. On appelle cela l‘effet « albédo » : celui qui explique pourquoi nous avons moins chaud dans un vêtement blanc. Mais l’air,chargé en particules issues des activités humaines, entrave ce rejet de la chaleur vers l’espace. C’est pourquoi, en Arctique, les températures sont actuellement de 20-25° degrés au dessus des normales de saison. L’air chaud devient plus dense et donc plus lourd : en été les ilôts de chaleur de circulent plus et en hiver, l’Arctique ne joue plus son rôle de régulateur des températures froides, c’est pourquoi l’air froid circule vers nous. 

Si nous ne faisons pas de réel effort, dans l’avenir, « avoir chaud », « avoir froid » seront de véritables calvaires. Tout cela va demander la mise en place d’équipements adaptés. Et la climatisation alors ? Oublions cette solution qui aggrave notre problème, car elle rejette un taux très élevé de gazs à effet de serre. Des alternatives existent et d’autres sont à l’étude. Rassurons-nous ces marchés à très fort potentiel ne manqueront pas une telle opportunité de profit. Les futurs équipements de régulation de la température intérieure seront une dépense à prévoir pour les foyers, comme pour les entreprises. De plus, la durée de la canicule risque de s’allonger au fil des années. Notre réhydratation sera de plus en plus vitale mais en parallèle, nous devrons économiser les ressources en eau potable. Les solutions alternatives représentent un marché tout aussi porteur mais tout aussi onéreux pour les individus. 

Le secteur des loisirs va lui aussi devoir investir d’importantes sommes d’argent pour maintenir les activités des lieux touristiques en extérieur. Le taux de fréquentation en période de canicule risque de diminuer fortement. Comment créer des zones d’ombre ? Comment rafraîchir les visiteurs ? Comment éviter les coups de chaleur ? Réduire le problème à la petite enfance est une erreur : pour préserver le dernier né d’une fratrie, des familles entières ne se déplaceront plus. 

Par ailleurs, nous serons de plus en plus exposés à la pollution, puisque les particules sont piégées dans un air stagnant. Cette exposition affectera nos capacités respiratoires. Quid d’un système de filtration pour assainir l’air intérieur ? Un jour, il sera nocif d’aérer sa maison. 

Et que dire, enfin, des aménagements sur les infrastructures en bord de mer, zones sensibles du fait de l’élévation du niveau des eaux. Et la liste est encore tellement longue… En tout état de cause, à une époque où l’argent est particulièrement compté, ces dépenses supplémentaires et prioritaires vont certainement avoir des impacts économiques conséquents. 

Osez donc le dire au peuple : nous voulions faire la richesse de notre société, eh bien, nous allons l’appauvrir ! 

Le plus difficile n’est pas de faire des enfants, c’est de les nourrir. Ou comment mobiliser le peuple par ce qui le concerne directement : la réalité sur le terrain ?

Sommes nous attaqués de toutes parts ? Si l’atmosphère demain est étouffante et polluée, la situation n’est pas meilleure dans nos assiettes.

Nous, les individus, subissons une pression importante en matière d’alimentation, notamment en termes de gaspillage. Mais là, encore, il est malhonnête d’attendre d’importantes restrictions de notre part.  Nous sommes entretenus dans deux mythes : les assiettes pleines des spots publicitaires et les rayons abondants des grandes surfaces. Difficile de croire qu’un lendemain peut être difficile face à une telle quantité permanente de produits. Nous sommes bien plus incités à la consommation qu’à la juste suffisance. Pourquoi ? Parce qu’en tant que consommateurs, nous portons la responsabilité implicite de la santé financière de la société. Nous voilà donc piégés dans une étrange logique de consommation :  « ça existe, donc je mange ». 

Pourtant, les modifications climatiques liées au réchauffement impactent directement notre alimentation future. Et notre nourriture est elle-même une composante importante du réchauffement climatique. Deux journalistes experts en environnement ont mené une étude complète sur la question : Yves Leers et Jean-Luc Fessard. Leurs recherches font l’objet d’une synthèse édifiante dans l’ouvrage « ça chauffe (aussi) dans nos assiettes ». 

De leurs travaux émergent les constats suivants. Notre vision de la ressource en « eau » est erronée parce qu’incomplète. Nous nous limitons à la consommation individuelle, mais nous oublions que 2/3 de l’eau douce sont utilisés pour irriguer les terres agricoles, donc pour produire les ressources alimentaires de base. Ce qui nous nourrit en somme. Or, le réchauffement climatiques modifie les paramètres de pluviométrie. Les pluies deviennent irrégulières et fortes (elles ont plus tendance à détériorer les cultures). Lors des périodes plus sèches, le nombre de sols à irriguer augmente régulièrement. 

L’or bleu, matière la plus précieuse et la plus chère de l’avenir ? Nous progressons dans ce sens.

De plus, le nouveau profil climatique de la planète fonde un contexte propice à la prolifération des insectes sur les terres agricoles. Et l’allongement de la durée de la canicule accroît la durée de leur présence, une problématique difficile à gérer pour les agriculteurs. En effet, l’usage des pesticides ne représente pas une solution satisfaisante. Nous sommes confrontés au quotidien à une telle stratégie de présentation et diversification des produits alimentaires finis que nous oublions qu’ils proviennent tous initialement de quelques ressources fondamentales. Si l’on nous annonçait par exemple la disparition du blé, nous nous contenterions de nous réjouir qu’il existe d’autres céréales permettant de fabriquer du pain. Quelle vision réductrice ! La présence de ces insectes est donc loin d’être anecdotique. 

Enfin, le réchauffement global des eaux entraîne non seulement un déséquilibre mais également la prolifération de bactéries. Les poissons que nous consommons en sont les victimes directes.

Trois exemples pour illustrer la menace qui pèse sur la quantité et la qualité de nos denrées alimentaires : eau, céréales, fruits, légumes, viande, poissons. Trois exemples à inscrire dans un contexte global d’augmentation de la population.

Loin d’être réjouissante, l’équation est sans appel : il s’agit bien d’une question de vie ou de mort. Alors, si vous voulez émouvoir le peuple, osez lui dire que ses enfants vont périr par manque d’eau et de nourriture.  

Et l’hygiène alors ? 

Conséquence éludée de la plupart des grands discours, la qualité de l’hygiène est néanmoins amenée à se dégrader à cause du réchauffement climatique. Qu’il s’agisse de l’insalubrité de nos foyers ou du déclin de notre apparence, il réside dans le thème de l’hygiène un important levier de communication inexploité

Que se passe-t-il dans nos maisons lorsque nous vivons des épisodes climatiques extrêmes ? Nous avons tous constaté cet été une absence de progressivité dans les phénomènes météorologiques : chacun arrive brutalement sans transition : des épisodes de vent violents de quelques minutes, une pluie torrentielle tout aussi brève et vite effacée par une chaleur aussitôt écrasante. Une amplitude thermique importante entre l’aube et le zénith.

Autant d’informations dont ne nous savons pas quoi faire, parce que la couverture et la pédagogie médiatiques sur le sujet sont faibles.

Le serpent se mordrait-il la queue ?

Se pourrait-il que le sujet ne nous passionne pas parce que nous n’y connaissons rien et qu’il n’y ait pas d’effort massif de communication parce que le sujet ne nous passionne pas ?

Imaginons nos maisons par des températures plus élevées durant des périodes plus longues. Projetons-nous dans cet été plus chaud de 5° étendu de début juin à fin septembre. Imaginons la nourriture dans nos placards et les déchets dans notre poubelle d’intérieur. Ne pensez-vous pas que cela va attirer des nuisibles, porteurs de maladie ? Et l’eau de notre robinet, qui peut nous assurer qu’elle restera aussi saine ? Que les équipements d’assainissement sont suffisants pour résister à ces nouvelles conditions ? Notre facture d’eau ne va-t-elle pas devoir augmenter considérablement pour assumer financièrement les travaux de mise aux normes futures potentielles ? Il réside en la matière un silence inquiétant. Paradoxal, n’est-ce-pas, pour une tel argument de mobilisation massive ?

Et projetons nous aussi individuellement dans cet avenir. Imaginons ce que sera notre hygiène corporelle lorsqu’il fera encore plus chaud, lorsque nous transpirerons bien plus mais que nous ne pourrons pas nous laver autant. Projetons nous dans les lieux publics dans ces conditions dégradées d’hygiène. Ne croyez-vous pas que cette proximité va favoriser la propagation de maladies à l’ère même de la résurgence du virus de Zika, de la maladie de Lyme, du choléra. Il faut bien comprendre que les bactéries se développeront dans des circonstances différentes : nous serons affaiblis par des conditions météorologiques usantes. Les blessures les plus simples cicatriseront différemment. 

La clef de la mobilisation de la société réside dans la visualisation de cet avenir probable. Spots vidéos, montages visuels, discours : seule la combinaison de tous les canaux de communication permettra d’atteindre le plus grand nombre. 

Étape 4 : donner l’espoir

Il est difficile et délicat d’exposer la société à la réalité, pour plusieurs raisons :

  • il peut paraître hasardeux de provoquer un sentiment de peur collective. Si elle n’est pas contrebalancée par une direction à suivre, elle peut engendrer une profonde instabilité ;
  • la société doit opérer un changement titanesque dans son mode de vie et tous les acteurs doivent s’impliquer ;
  • comme il est en réalité impossible de mesurer la dégradation de la qualité de notre environnement, les décideurs peuvent être confrontés au scepticisme des individus face aux décisions prises. 

Mais une fois que la société est attentive, à l’écoute, tout devient possible. Les sensations d’insécurité et d’insalubrité forment de solides fondations au changement. À une condition : fournir à la société une feuille de route

réchauffement climatique - mobiliser - tous ensemble pour un monde meilleur

Trois actions peuvent freiner le réchauffement climatique : adopter une déconsommation progressive, insuffler une vision du bonheur axée sur la simplicité et les relations humaines et repenser les conditions de travail. Et ces trois actions s’imbriquent. 

La déconsommation suscite de l’inquiétude parce qu’elle est systématiquement opposée à la notion de profit. Changeons d’angle de vue. La circulation de l’argent au sein de la société fonctionne comme un vase communiquant. La société, contrairement aux idées reçues, est prête à gagner moins si on lui enseigne les bonnes méthodes pour dépenser moins et à condition de travailler moins, ce qui est possible. 

Le travail engendre le travail. En repensant le travail sous l’angle de l’utilité plutôt que de la rentabilité, il est possible d’identifier des missions secondaires voire superflues.Favoriser le travail à distance, laisser aux salariés la possibilité de travailler à des horaires atypiques, permet de préserver les ressources dont l’entretien entre dans le cadre du budget de l’Etat (en ralentissant l’usure des routes par exemple). En cas de réchauffement climatique, ces dépenses risquent d’augmenter. Pour que le peuple adopte la déconsommation, il est impératif que les décideurs acceptent une décroissance. 

Déconsommer et disposer de plus de temps pour soi permet, de plus, d’adopter le mode « slow life« , une cadence de vie ralentie. Elle permet non seulement de gagner en sérénité, mais elle découle surtout du concept de « slow food ». Par opposition à la restauration rapide, ce choix vise à renouer avec les producteurs locaux, à se montrer plus respectueux de l’environnement. Le mode de vie « slow life » apporte un bénéfice collectif encore méconnu. Plus la société gagne en sérénité et moins elle ressent de stress, moins elle s’use, moins elle consulte de spécialistes médicaux. Par effet de cascade, le poids de la situation sanitaire de la population sur le budget de l’Etat diminue. L’objectif ? Renouer des liens pour vivre autrement, redorer le blason de la richesse relationnelle face à l’opulence matérielle

Un accompagnement à ce changement est nécessaire. Les décideurs doivent donner le ton, en accordant une plus grande importance au mieux-vivre dans un environnement plus sain au détriment de la performance, de la productivité, de la rentabilité. La priorité doit officiellement changer. Un plan de communication massive doit valoriser les initiatives isolées en matière de déconsommation. De nombreux supports existent déjà et de nombreuses personnes sont déjà fortement impliquées et disposent des connaissances suffisantes pour assister la société dans ce changement. Leur seule faiblesse réside dans l’insuffisance de leur visibilité face au marketing de consommation agressive. La roue doit désormais tourner.  

Nous sommes sous le joug de ce qui se calcule, se mesure au détriment d’actions authentiques. Nous devons réapprendre à échanger, à troquer notre savoir, nos biens. En résumé, nous devons renouer des liens. Cette démarche aura un deuxième effet bénéfique : baser de nouveau la confiance sur une réelle connaissance, lutter contre l’effet de catégorisation pour rendre à la bienveillance et la malveillance sa dimension individuelle

Une telle révolution ne s’improvise pas, elle mérite un effort conséquent de pédagogie, de partage et d’écoute. Le plus grand et noble défi de tous les temps ? La société est prête, elle n’attend qu’un élan. 

réchauffement climatique - mobiliser - c'est encore possible.

©réchauffement climatique, méthode de mobilisation par Isalys Roux

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